En octobre, Octobre Rose met en lumière le cancer du sein et sensibilise à son dépistage. C’est aussi une occasion de parler de toutes ces maladies de longue durée qui bouleversent profondément le quotidien : les différents types de cancers, les maladies auto-immunes, les pathologies chroniques inflammatoires, les maladies cardiovasculaires, les suites d’AVC, les maladies neurodégénératives.
Dans ma pratique de kinésiologue à Fichous-Riumayou, l’accompagnement des personnes en parcours de longue maladie prend une place importante. Ce n’est pas toujours visible de l’extérieur — ce travail se passe dans le cabinet, dans l’intimité d’une séance. Mais il est réel, et il compte.
Voici ce que je fais concrètement, et pourquoi.
Quand le diagnostic tombe
Je me souviens de chaque première séance avec une personne qui vient de recevoir un diagnostic grave. Il y a toujours ce regard, ce poids dans la voix. L’annonce d’une longue maladie, c’est un avant et un après. Du jour au lendemain, la vie bascule.
On se retrouve propulsé dans un univers médical avec son vocabulaire complexe, ses protocoles, ses examens à répétition. On devient un « patient », un dossier. Et au milieu de tout ça, il y a une personne, avec ses peurs, ses questions, ses émotions qui tourbillonnent.
La peur de mourir, bien sûr. Mais aussi la colère — « pourquoi moi ? » —, le sentiment d’injustice, la culpabilité parfois, l’inquiétude pour ses proches, la perte de contrôle sur sa propre vie. Et cette question qui revient sans cesse : est-ce que je vais m’en sortir ?
Le corps n’oublie rien
Dans ma pratique, j’ai appris une chose fondamentale : le corps garde tout en mémoire. Chaque consultation, chaque annonce de résultat, chaque traitement, chaque regard dans le miroir qui renvoie une image transformée — tout s’inscrit dans la mémoire corporelle.
Ces chocs émotionnels créent des tensions profondes, des blocages qui viennent s’ajouter à la charge déjà lourde de la maladie physique. Le système nerveux reste en état d’alerte permanent. Le sommeil devient difficile. L’anxiété s’installe. Parfois des douleurs apparaissent, sans lien direct avec les traitements.
J’ai vu des personnes développer des tensions dans les épaules tellement fortes qu’elles ne pouvaient plus lever les bras — simplement parce qu’elles « portaient » le poids de leur maladie. D’autres avec des problèmes digestifs qui n’avaient rien à voir avec la chimio, mais tout à voir avec l’anxiété avalée sans pouvoir l’exprimer.
Ce n’est pas « dans la tête ». Ce sont des manifestations physiques bien réelles d’émotions non exprimées, et c’est précisément là que la kinésiologie peut intervenir.
Ce que la kinésiologie apporte — et ce qu’elle ne fait pas
Quand je présente la kinésiologie aux personnes en parcours de soins, je prends toujours le temps de clarifier un point : je ne suis pas médecin, et la kinésiologie ne remplace en aucun cas les traitements médicaux. C’est un accompagnement complémentaire, qui vient soutenir la personne dans sa globalité.
La médecine conventionnelle fait un travail remarquable pour soigner le corps physique. Mais l’impact émotionnel du diagnostic, les tensions accumulées, la reconstruction de l’image de soi — ce sont des dimensions que le parcours médical n’a pas toujours le temps d’adresser. C’est là que la kinésiologie prend tout son sens.
En séance, j’utilise le test musculaire pour interroger la mémoire du corps. C’est une technique douce et non invasive : en testant la réponse de certains muscles, je peux identifier où se situent les blocages — émotionnels, énergétiques, physiques.
Le corps sait. Il sait où il a stocké la peur ressentie lors de l’annonce du diagnostic. Il sait quelle émotion s’est figée pendant le premier traitement. Il sait quelles croyances se sont installées — « mon corps m’a trahi », « je ne serai plus jamais comme avant ». Une fois ces blocages identifiés, on travaille à les libérer : points réflexes, mouvements oculaires, équilibrations énergétiques. Chaque séance est unique, adaptée à ce que le corps exprime ce jour-là.
Ce que les personnes que j’accompagne observent
Un apaisement de l’anxiété
La peur est souvent le premier compagnon de route quand on fait face à une maladie grave. Elle peut devenir envahissante, générer des insomnies, des états d’épuisement nerveux permanent.
En séance, on travaille à désamorcer ces peurs — non pas en les niant, mais en les accueillant, en comprenant leur origine, et en libérant leur emprise sur le système nerveux. Beaucoup de personnes décrivent un apaisement profond dès la première séance, comme si elles pouvaient enfin respirer à nouveau.
Mieux traverser les traitements
La chimiothérapie, la radiothérapie, les opérations sont éprouvantes physiquement et émotionnellement. Certaines personnes développent une anxiété anticipatoire avant chaque séance de traitement, qui ajoute de la fatigue à la fatigue.
La kinésiologie aide à mieux gérer ce stress, à se préparer mentalement, et parfois à réduire certains effets secondaires liés à la tension nerveuse — nausées d’anxiété, tensions musculaires, fatigue émotionnelle.
Retrouver confiance en son corps
Quand on est malade, on peut avoir l’impression que son corps nous a trahis. On le surveille constamment, on guette le moindre symptôme. Cette méfiance épuise.
En kinésiologie, on travaille à restaurer cette relation avec le corps. À comprendre qu’il y a une maladie, oui — mais qu’il y a aussi toutes les ressources déjà là, en vous. Votre corps se bat pour vous. Lui faire à nouveau confiance, c’est libérer une énergie considérable.
Un meilleur sommeil
Le sommeil est souvent la première victime de l’anxiété liée à la maladie. On rumine, on ressasse, les nuits deviennent courtes et peu réparatrices, ce qui fragilise encore plus l’organisme.
En apaisant le système nerveux et en libérant les tensions, le sommeil se rétablit progressivement. Et quand on dort mieux, tout devient plus facile à traverser.
Accompagner la rémission
La période de rémission n’est pas toujours facile. Il y a parfois un vide, une peur de la récidive, une difficulté à « reprendre sa vie d’avant » alors qu’on n’est plus tout à fait la même personne.
C’est une période de reconstruction. La kinésiologie accompagne cette transition en aidant à intégrer l’expérience traversée et à se projeter dans l’avenir avec plus de sérénité.
Le témoignage de Pascale
Pascale a traversé une longue maladie. Elle a choisi de se faire accompagner en kinésiologie en parallèle de son suivi médical, et elle a accepté de partager son expérience.
Un accompagnement pour les proches aussi
La kinésiologie n’est pas réservée aux personnes malades. Les proches aidants portent eux aussi un poids immense : l’inquiétude, l’impuissance, la fatigue, parfois la culpabilité de ne pas en faire assez.
J’accompagne régulièrement des conjoints, des enfants, des parents de personnes malades. Prendre soin de soi quand on accompagne quelqu’un, ce n’est pas de l’égoïsme. On ne peut pas puiser indéfiniment dans un puits vide.
Quand consulter ?
Il n’y a pas de bon moment — ou plutôt, tous les moments sont bons. Certaines personnes viennent dès l’annonce du diagnostic, pour se préparer émotionnellement aux traitements. D’autres arrivent en plein parcours de soins, quand la fatigue émotionnelle devient trop lourde. D’autres encore viennent après, en rémission, pour se reconstruire.
Si vous sentez que le poids émotionnel devient difficile à porter, que vous avez besoin d’un espace pour poser ce que vous traversez — c’est le bon moment.
Séance adulte : 65 €
Cabinet à Fichous-Riumayou (64410) · 35 min de Pau
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